Issyk Kul – De Balykchy à Bokombaevo

Nous sommes à l’Ouest du lac et nous marchons le long d’une route qui fonce vers le sud du pays. Attraper celle qui longe la rive sud du lac ne devrait pas nous prendre trop de temps !

Après notre mésaventure boueuse, nous souhaitons rapidement rejoindre le rivage pour y rincer nos affaires! Mais c’est sans compter sur le large détour que fait la route pour éviter la zone marécageuse…

Après une heure de marche, un véhicule s’arrête quelques mètres devant nous. Le conducteur en sort avec un grand sourire et nous fait signe de monter! Alors que nous ne faisions pas de stop, en raison de notre état, il s’arrête de lui même pour nous aider! Lui et sa femme ne parlent pas un mot d’anglais, mais Yogo transporte avec lui un document rédigé en Russe, expliquant son voyage, avec ce papier et quelques gestes, le conducteur comprend que nous souhaitons nous rendre sur la rive sud et nous dépose au croisement quelques kilomètres plus loin, ravi de nous avoir aidé dans notre périple, avant de continuer sa route vers le sud.

Si nous avons choisi la rive sud du lac, ce n’est pas par pur hasard. Les soviétiques ont développés quelques stations balnéaires le long de la rive nord, et celles-ci attirent des touristes Russes et Kazakhs. A l’inverse, la rive sud est restée sauvage et peuplée principalement de villageois vivants à travers leurs traditions et est donc plus authentique !

La même situation se répète quelques kilomètres plus loin, nous marchons et un conducteur s’arrête de nouveau alors que nous ne faisons pas de stop ! Celui-ci nous dépose directement à Ottuk, premier village sur la route sud du lac. A peine déposés, nous courrons à l’eau ! Mais ici la rive est toujours terreuse, résultat la plage est un peu marécageuse et l’eau est trouble et pleine d’algues. Nous nous baignons tout de même et surtout, nous en profitons pour laver nos affaires.

Le temps se fait soudain menaçant, nous reprenons la route mais nous décidons de ne pas faire de stop, nous nous en remettons à la sympathie des conducteurs kirghizes ! Si quelqu’un s’arrête de lui-même nous irons en voiture (ou autre), sinon nous irons à pieds !

Après avoir fait quelques courses dans une toute petite boutique à Ottuk, nous marchons le long de la route. Les paysages défilent et ne se ressemblent pas tellement, entre zones désertiques, champs d’agriculture vivrière, collines et constructions en terre, où que notre regard se pose, il y a quelque chose de nouveau à contempler.

Nous croisons un jeune garçon à cheval et il accepte de nous le prêter quelques minutes pour que nous nous y essayions. Hormis cela, la fin de journée se fera à pied. Très peu de véhicules et aucun ne s’arrête. Heureusement, les gros nuages noirs et menaçants se sont enfuis vers le nord, traversant le lac pour aller masquer les montagnes et la rive opposée. La rive nord connait un climat moins clément en règle générale, et cela semble se confirmer !

De retour sur la route, la nuit s’approche, nous cherchons un endroit pour dormir et apercevons une ferme. Comme Yogo n’a pas emporté de tente avec lui, nous décidons d’aller demander s’il est possible de dormir à l’abri quelque part dans une annexe, une ancienne grange ou autre… Alors que l’on s’approche, deux gros chiens courrent en notre direction, en aboyant de toute leur force. Intimidés, nous nous arrêtons à une quinzaine de mètres de la petite maison d’où sort une dame quelques instants plus tard, alertée par le bruit.

Elle semble surprise de nous voir, mais une fois de plus grâce au document magique de Yogo, il est très simple de lui expliquer ce que nous faisons là, elle n’a qu’a lire le texte en Russe (Langue parlé dans une bonne partie de l’Asie centrale). Nous souhaitions dormir dans un des vieux bâtiments qui entourent la maison, mais elle nous propose finalement de dormir dans sa maison. Nous voila on ne peut plus immergés dans la réalité de la vie sur les rives de ce superbe lac.

Elle nous invite à entrer à l’intérieur de la maison. Le confort y est très sommaire, table, banc, un meuble pour la vaisselle, pas de place pour le superflu, pas le temps non plus ! Ses enfants sont partis vivre en ville, et son mari étant probablement décédé, elle vit seule ici et notre compagnie semble lui faire plaisir. Nous savourons un bol de lait chaud, du pain et du beurre maison qu’elle nous offre, un repas simple et adapté à la vie de tous les jours, sans extras. La qualité des produits en fait quelques choses de particulier pour nous qui n’avons l’habitude, entre autre, que des beurres industriels sans goût, mais pour elle, c’est la routine…

Pour la remercier de son hospitalité nous l’aidons dans les tâches qui restent à faire pour la soirée : rentrer les animaux, préparer les vaches pour la traite, séparer la crème du lait fraichement récolté à l’aide d’une petite machine rudimentaire mais efficace, aller chercher de l’eau à la rivière qui s’écoule à 100 m de la maison… Ici la vie est rude ! Et je n’ose pas imaginer l’hiver, lorsque les températures tombent dans le négatif…

Après une nuit à l’abri et quelques photos souvenir avec la fermière, nous continuons notre chemin. En arrivant aux alentours de Kala-Tala, la terre a laissé place au sable le long de la rive qui est maintenant séparée de la route par de vastes steppes arides. Nous rejoignons le bord de l’eau devenue claire et limpide et suivons le rivage sur plusieurs kilomètres se baignant à plusieurs reprises dans l’eau fraiche du Issy kul!

Nous rattrapons ensuite la route principale et la suivons jusqu’au croisement avec une piste menant vers le Salt Lake ! Après un petit repas dans un magasin qui s’improvise restaurant juste pour nous, nous arrivons au panneau qui indique la direction à prendre pour rejoindre le Salt Lake. Sur le même principe que la mer morte, le Salt Lake est un lac mort, détaché de l’Issyk kul, qui s’assèche et devient de plus en plus salé, modifiant dans le même temps la densité de l’eau ! Nous souhaitons nous y rendre ! Un conducteur nous y conduira sans que nous ayons besoin de faire du stop. La route s’éloignant du rivage pour contourner des collines, il faut suivre une piste sur 11 kilomètres dans une large gorge pour rejoindre la rive du Issyk kul, le salt lake étant à proximité de celle-ci ! Nous commençons la marche sous un soleil de plomb, mais au fur et à mesure que les kilomètres défilent de gros nuages assombrissent le ciel, et la pluie ne se fait pas attendre très longtemps ! Heureusement, après deux heures de marche, nous atteignons un petit village sur la rive du Issyk kul, et il nous est possible de nous mettre à l’abri sur le pas de porte d’une maison apparemment vide !

Nous sommes un peu fatigués, il nous reste entre un ou deux kilomètres pour atteindre le lac salé, mais le temps ne nous encourage pas à continuer. Nous passons un moment assis à l’abri dans ce village peu accueillant. Nous n’avons plus d’eau, il nous faut de nouveau trouver un endroit où dormir à l’abri, mais ici, pas question de compter sur l’hospitalité des locaux, la zone est « touristique » car le lac salé est une petite attraction, du coup, Russes, Kirghizes et Kazakhs viennent s’y baigner pour profiter de ses vertus pour la peau. Ici « touristique » ne signifie pas « foule », la zone semble même plutôt déserte, mais l’activité économique est très faible dans ce coin, et les quelques personnes qui viennent ici par semaine suffisent à créer une activité touristique.

Après avoir essuyé plusieurs refus, pour le gîte, le coucher ou tout simplement pour un peu d’eau, je suis agacé et l’envie de quitter la zone me prend… Heureusement, Yogo insiste pour aller demander à une maison un peu plus loin, toute proche de la rive du Issyk kul. Je le suis, pour y arriver, il faut traverser un « pont » plus que rudimentaire, qui est en réalité une sorte de reste de structure métallique agricole sur lequel ont été disposées (mais non fixées) diverses planches de bois ou de métal. En arrivant, première bonne surprise une femme parle anglais, et première mauvaise surprise, c’est une maison d’hôte, comme les autres il est possible de rester, mais il faut payer. Dépités, nous n’avions pas envie de payer l’hébergement par ici, mais le mauvais temps, l’heure tardive et la fatigue nous poussent à accepter. Bien sur nous négocions et obtenons un prix de 4,2€/personne pour la nuit, le diner et le petit déjeuner ce qui est finalement plutôt raisonnable…

Ici les gens ne consomment que l’eau de la rivière qu’ils font bouillir avant de boire. Je ne suis pas fan de boire l’eau d’une rivière à son embouchure, mais pas le choix. La chaleur tuera les microbes, et nous espérons que personne n’ai lavé son linge en amont…

La maitresse de maison prépare des lagmans, nous pourrons voir la préparation de ces gros spaghettis, fait à la main à partir d’une pâte que l’on étire autant que possible avant de la plonger dans de l’eau bouillante et servi avec divers accompagnement à base de viande ou autre…

Après un bon repas, direction le lit, crevés, avec le temps qu’il fait, c’est la meilleure chose que nous puissions faire.

Le lendemain, le soleil est de retour et le paysage se révèle sous un jour totalement différent. Avec le soleil, la petite baie que surplombe la maison où nous sommes est paradisiaque!

De bon matin, après une baignade dans la baie, nous nous rendons au lac salé en suivant la fin de la piste qui nous a conduit ici et qui longe maintenant le lac. Juste avant celui-ci un petit village à été construit pour les “touristes”. Au bout du village, une barrière et un homme qui nous demande de l’argent pour passer et accéder au lac. Cela ne semble pas très officiel, et nous ne savons pas s’il sagit d’une escroquerie ou non. Nous refusons de payer, et l’homme nous laisse finalement passer contre la promesse que nous n’irons pas nous baigner… Mais bien sûr! Cinq minutes plus tard nous sommes en maillots de bain, prêt à sauter dans l’eau! La densité de l’eau étant plus élevée, il est très facile de flotter, faire la planche sur le dos ou sur le ventre. La pression sur la cage thoracique est plus forte et par conséquent la respiration est un brin plus fatiguante.

Lorsque l’on sort de l’eau, le sel cristallise sur notre peau et il est impossible de se rincer immédiatement. Se ré-habiller plein de sel, quel bonheur! Nous quittons le lac par les dunes pour ne pas repasser par la barrière et son “gardien” qui pourrait être n’importe qui…

Nous retournons toutefois au “village”, il est environ 13h nous avons faim, et nous souhaitons savoir s’il est possible de manger sur place. Celui-ci est composé principalement de yourthes à louer pour les touristes, mais un petit bâtiment en dur semble être un restaurant. En nous approchant, nous constatons que c’est bien un restaurant, mais qu’il est fermé. Nous faisons demi tour mais quelques secondes plus tard, un homme arrive en courant derrière nous et nous fais signe de revenir. Il nous ouvre la porte, derrière laquelle, dans une petite salle pleine de courant d’air se trouve quatres tables. Nous prenons place alors que l’homme repart en courant pour aller cherche la cuisinière… Celle-ci arrive deux minutes plus tard et nous demande ce que nous souhaitons manger. Il n’y a pas de menu, et les gens ne parlent pas anglais… Nous décidons alors de procéder autrement. Nous donnons chacun 120 Som ( Monnaie Kirghize, environ 2,10€) et laissons la cuisinière nous préparer ce qu’elle veut. Nous aurons donc le droit à une salade “Concombre – Tomate” mais surtout, nous mangerons un délicieux Dimlama végétarien accompagné de thé vert ou noir à volonté ! Un vrai régal!

Nous passons le reste de l’après midi à la plage, mais nous nous séparons, chacun son kilomètre de plage déserte, histoire d’apprécier le calme, la quiétude du lieu et de savourer notre privilège…

Lorsque nous quittons le lieux le surlendemain, nous sommes un peu tristes de quitter un tel endroit, mais nous savons que d’autres expériences nous attendent plus loin!

Nous serons très chanceux sur ce dernier morceau de route qui nous sépare de la première “grande” ville, un premier véhicule nous évitera 8 km de piste, puis un camion et une voiture se relayeront, nous laissant à peine le temps de marcher, avant d’arriver rapidement à Bokombaevo!

Issyk Kul – Hospitalité Kirghize

Je suis avec Yogo, nous marchons le long de la route qui devrait nous mener à ce lac que nous sommes si pressé de découvrir ! Après trois heures de Machroutka, nous sommes maintenant à « Balykchy » petite ville située à l’extrémité ouest du lac.

La ville est déserte, le long de la route qui semble se perdre à l’horizon se suivent de nombreuses petites maisons d’un seul étage et blanchies à la chaux. La ville semble vide, pas de vie derrière les petites fenêtres aux volets bleus, écaillés par le temps. C’est probablement l’ambiance qui règne qui me donne cette impression, le manque de couleurs dans ce décor trop clair, poussiéreux et entouré de vastes étendues de plaines désertes et rocailleuses qui s’élancent sur les montagnes en arrière plan. Pourtant ce gigantesque lac ne doit pas être loin, à quelques centaines de mètres tout au plus ! Probablement derrière une ou deux rangés de maisons adjacentes, qui nous barrent la vue !

Effectivement, quelques instants plus tard, en jetant un œil dans une rue perpendiculaire, j’aperçois une étendue d’eau et une plaine verdoyante à 200 m de nous environ, nous touchons au but! Nous nous engageons dans cette petite rue non goudronnée qui débouche sur une voie de chemin de fer sur laquelle joue des enfants et derrière laquelle se trouve la rive ouest du Issyk Kul ! Nous rejoignons rapidement la très petite plage, toute proche, les instants suivants se passent de commentaires, la vue perdue dans l’horizon montagneux entre ciel azur, et l’eau claire de ce lac tout simplement magnifique !

Plusieurs locaux sont encore sur le sable à profiter des derniers rayons de soleil en contemplant le lac, il est trop tard pour s’y baigner, le soleil commence effleurer la cime des montagnes et nous ne savons pas où dormir et ça va rapidement devenir notre priorité. Je mets toutefois ma main dans l’eau pour en apprécier la température en vue de futures baignades et malgré l’altitude (1600 m), l’eau n’est pas si froide, même carrément agréables pour les amateurs d’eau fraiche ! Son nom « Issyk kul » ou « Ysyk-Köl » en kirghiz (Ысык-Көл) signifie d’ailleurs lac chaud car il est légèrement salé et ne gèle pas en hiver. Long de 182 km et large de 60 km dans sa plus grande mesure, ce lac est le deuxième plus grand lac de montagnes au monde. Il est situé entre les crêtes du Terskey Ala Tau et du Kungey Ala Tau, deux branches montagneuses du Tian Shan qui semblent « orner » le lac !

Après quelques minutes d’admiration, la question de dormir refait surface ! Nous repartons vers la rue principale, abordant quelques passants pour savoir s’il est possible de trouver un endroit calme pour y passer la nuit ! La seule réponse que nous obtenons dans un premier temps c’est « la ville est dangereuse la nuit ! Ne dormez pas dehors ! ». Ok, mais où alors ? Une vieille dame nous propose de nous héberger… pour 20$ chacun ! Hors de question ! Nous lui expliquons que nous n’avons pas beaucoup d’argent et sa réaction est plutôt étrange, elle comprend très bien, et plutôt que de nous proposer un éventuel meilleurs prix, elle nous présente à un homme, à l’air patibulaire qui nous fait comprendre qu’en cas de problème/danger/agression cette nuit, nous pouvons compter sur son aide, il nous défendra, il suffit de venir le retrouver là où il se trouve… Nous ferons d’autre rencontre pas franchement constructives donc un Kirghiz très sympas et complètement ivre qui nous conduira (dans une Lada) à travers la ville pour nous déposer tant bien que mal devant un hôtel plutôt luxueux semblant sortir de nulle part !

Nous ne nous sentons pas particulièrement en danger, mais devant l’étrangeté de la situation, qui ne semble pas s’arranger et nous met « un chouya » mal à l’aise nous avons une idée : Allons diner, on réfléchira mieux le ventre plein !

Nous essayons alors de demander au restaurateur s’il est possible de dormir dans son restaurant à la fermeture, mais celui-ci refuse, tout en nous mettant, une fois de plus, en garde sur la dangerosité de la ville la nuit, à cause des alcooliques, nous essayons aussi de discuter avec des locaux présents dans le restaurant, dans l’espoir de nous faire inviter, en vain ! Mais TOUS nous redisent que la ville est dangereuse la nuit…

Cette fois-ci c’est décidé, nous quitterons la ville pour dormir ! Le trek commencera plus tôt que prévu tout simplement ! Mais un nouveau problème se pose, nous n’avons pas de carte… impossible de savoir où se trouve à peu près le prochain village, la prochaine ville où il sera possible de se ravitailler ! A vouloir vivre plus « l’aventure au jour le jour » que dans les villes où tout est parfois trop simple grâce au site « Couchsurfing », nous avons même omis de prendre une carte !

L’idée était de se perdre sur les rives du Issyk kul, hé bien, à peine arrivés que l’objectif est presque atteint…

Sur la rive du lac se trouve toutefois un hôtel, plutôt luxueux, nous nous y rendons pour demander une carte du lac et de ses environs, mais ils n’en ont pas. Le jeune garçon à l’accueil accepte tout de même de nous imprimer une carte grossière du lac et de ses alentours en deux exemplaires !

Cartes en poches, nous voila parti le jour commence à fuir derrière les montagnes, il était temps de prendre une décision, la route ne contournant pas le lac par le chemin le plus court, nous décidons de couper à travers la plaine verdoyante vers la rive sud du lac pour gagner du temps.

Alors que nous entamons notre marche, nous croisons de loin un groupe de kirghiz qui semblent être à l’apéro, ceux-ci nous interpellent, j’incite Yogo à me suivre pour aller discuter avec eux, ils sont notre dernière chance de trouver un endroit où dormir rapidement ! Yogo n’est pas très motivé, et c’est compréhensible, mais me suit malgré tout, en m’approchant je reconnais notre conducteur (un peu moins) ivre mais en train de refaire le plein…

Fatigués, agacés, nous voulons reprendre notre route, mais son groupe d’amis arrive pour nous faire la conversation ! Finalement un peu festifs mais loin de l’état de notre conducteur qui essaie en vain de nous raconter quelque chose en anglais, nous discutons quelques instants, puis l’un d’entre eux nous propose de venir passer la nuit chez lui ! Il semble très sympa, et souhaite nous inviter dans sa maison familiale, avec sa femme, ses enfants,… Enfin ! Après quelques heures de galères, tout s’arrange ! Nous prenons un taxi avec lui, il habite sur les hauteurs de la ville, plus au nord, à 3 ou 4 kilomètres du lac. Depuis le perron il est possible d’aperçevoir le lac et les montagnes, au sud!

Jakou vit dans une belle maison, avec un jardin relativement grand, qui sert principalement à cultiver des fruits et légumes. Sous le même toit vivent 4 générations, la maison se développe au fur et à mesure que la famille s’agrandie !

A notre arrivée, nous sommes immédiatement invités à boire le thé Kirghiz en compagnie de sa femme et de son arrière grand-mère qui nous parlera de Napoléons, entre autre… En attendant que le thé soit prêt, ils sont très heureux de nous offrir du Choro, cette boisson marron grumleuse faite de levure… Le thé kirghiz est un thé noir très fort qu’il faut diluer dans de l’eau et/ou du lait. Pour accompagner le thé sont présent du pain maison, des beignets natures maisons et des confitures maisons ! Un vrai régal, même si nous avons déjà mangé, difficile de résister !

Nous passons la soirée avec Jakou et sa famille, à expliquer tant bien que mal nos voyages, nos vies, nos rencontres, et nous terminons la soirée en regardant un match de la coupe du monde (Italie – Croatie) qui se joue en Ukraine, diffusé à partir 00h00 au Kirghizstan avec le décalage horaire !

Le lendemain matin, nous avons de nouveau droit au thé kirghiz et ses accompagnements, avant de prendre quelques photos avec eux et de reprendre la route ! Avant de partir, Jakou nous offre chacun un chapeau typique du Kirghizstan “ak-kalpak”, moi qui avait justement perdu ma casquette ce cadeau tombe on ne peut mieux !

Nous retournons vers le lac, à pied cette fois, et en chemin nous faisons la connaissance d’une prof d’anglais qui nous invite à prendre le thé chez une de ses amies… à peine 20 minutes de marche et déjà la première pause ! Nous aurons cette fois droit, en plus du pain et de la confiture, à du poisson séché et fumé que nous avons vu de nombreuses fois dans les vitrines des boutiques sans oser y gouter… mais celui-ci est préparé maison et par conséquent très bon. Mais à 10h00 du matin à peine, entre quelques “tartines” et tasses de thé, plutôt difficile de l’apprécier à sa juste valeur !

11h00, nous reprenons la marche, la dame nous invite à repasser chez elle à la fin de notre séjour pour s’y reposer une nuit ! L’hospitalité kirghize nous ouvre définitivement ses portes ! De retour sur les rives du lac, nous entreprenons la traversée de la pleine, par là où nous avions rencontré Jakou la veille ! Nous marchons un moment dans l’herbe et au fur et à mesure, le terrain devient de plus en plus marécageux… Lorsque nous nous rendons compte qu’il est impossible de passer par là il est trop tard, après avoir essayé plusieurs chemins, nous sommes déjà au milieu des hautes herbes et où que nous allions la situation se détériore. Nous marchons dans la boue durant 1 heure avant de rejoindre finalement la voie de chemin de fer à l’Ouest, pour retourner sur la route deux kilomètres plus loin. Tout le monde nous a mis en garde contre l’hypothétique dangerosité de la ville mais personne pour nous dire d’éviter la zone de marécage… Sans le savoir Jakou nous a évité une vraie galère hier alors que nous marchions dans la même direction à la tombée de la nuit !

Cette fois-ci nous suivrons la route, nos cartes approximatives en poche nous estimons pouvoir atteindre rapidement à la marche le premier village avec nos chaussures trempées et pleines de boue !

Arrivé au Kirghizstan!

Ce pays ne figurait pas sur la liste de pays de mon itinéraire prévisionnel, il s’est presque naturellement mis en travers de ma route ! Alors que je m’informais, à Baku, sur les conditions d’obtention du visa Ouzbek j’ai entendu parler du Kirghizstan. Quelques recherches sur internet et le visionnage d’un reportage sur le lac Issyk Kul ont suffit à me convaincre d’y faire un petit (dé)tour.

Après ma petite déception au Big Almaty Lake, je me suis mis en tête de corriger le tir avec une grande ballade d’une dizaine de jours sur les rives du lac Issyk Kul, le deuxième plus grand lac de montagne au monde après le lac Titicaca au Pérou. Ce lac n’est pas très loin d’Almaty, il se trouve derrière la barrière de montagne au sud de la ville ! J’ai donc d’abord pensé essayer de le rejoindre à la marche en passant par les montagnes car il y a des chemins qui permettraient de le faire, mais c’est malheureusement impossible en raison… du passeport ! Il n’y a plus de poste frontière qui permet d’emprunter ce chemin depuis quelques années, c’est maintenant interdit, malheureusement…

C’est donc en Mashroutka que je me rends à Bichkek, la capitale Kirghize, accompagné de Yogo qui m’a rejoint pour cette étape. Prix du voyage « Almaty-Bichkek » 1200 T (6€)! Nous arrivons, vers 17h30 à la gare de bus après un passage de frontière très rapide ! La gare est un peu excentrée, et il n’y a pas grand-chose autour, aux premiers abords, elle ne semble pas très accueillante. Nous demandons notre chemin à deux passants et ceux-ci nous offrent gracieusement un trajet en taxi jusqu’à chez nos hôtes car il leur semble trop compliqué et trop long de s’y rendre à pied! L’hospitalité Kirghize commence !

Le taxi rejoint rapidement le véritable centre ville avec ses parcs et ses larges avenues, ses constructions passéistes,… Cette ville me rappelle beaucoup Almaty, tout en étant de taille plus humaine et peut être encore plus conviviale.

Nous arrivons vers 6h30 chez Elena, nous allons passer trois jours en sa compagnie ainsi que celle de son mari et de son fils ! Eléna vit dans une petite maison avec jardin, dans le centre ville, au sein d’une petite zone pavillonnaire populaire très agréable. Depuis le jardin, on aperçoit les montagnes et si petit soit-il, celui-ci est utilisé pour cultiver des fruits & légumes, grâce au climat les récoltes sont généreuses et les fruits sucrés à souhait ! Pour les remercier de leur hospitalité, nous cuisinerons une ratatouille et des crêpes, pour leur faire découvrir la cuisine Française, même si pour eux nos « Crêpes » ne sont que de vulgaires « Blinis » russes…

Nous passons trois jours à Bichkek, il nous tarde d’arriver au Issyk kul, mais d’abord il faut que je fasse ma demande de visa Chinois. Ce sera l’occasion de visiter un peu plus cette ville, d’explorer les petites rues populaires où il est possible d’acheter des fruits pour un très bon prix ainsi que de goûter du Choro: une boisson acide à la couleur marron claire, faite à base de levure et du lait de ??? (qui semble fermenté au goût) que l’on peut trouver à tous les coins de rues, vendu par de petits stands à travers toute la ville !

J’irais aussi me balader au « Osh Bazar » de cette ville qui était un lieu de repos pour les caravanes sur la route de la soie. Entre les épices, les fruits (frais ou secs) et légumes, et les pâtisseries locale il est toujours possible de trouver un grand nombre de produits made in China, mais ce bazar est celui qui m’a le plus charmé de tout ceux qu’il m’ait été donné de visiter. Un bazar qui est resté assez typique pour que la présence de produits chinois rappelle que c’était ça à la base l’idée même de la route la soie: importer et revendre tout au long de la route des produits venus d’ailleurs sans supplanter totalement la culture et les produits locaux.

Aux abords de celui-ci je mangerais un plat typique, le « plov » ! Du riz sauté aux carottes accompagné de viande de bœuf ou de mouton, et bien que l’origine sois plutôt Ouzbek ou Tadjik, pour 1€, c’était juste excellent ! Mais promis j’y gouterais lorsque je serais à Osh, pour comparer !

Après trois jours dans cette ville, j’apprends que les conditions d’obtention du visa sont plus compliquées que prévu et qu’il va falloir que j’y passe plus de temps, ras le bol, ce satané visa attendra, je pars pour le Issyk Kul avec Yogo !

Premiers pas dans le Tian Shan

Je déambule maintenant dans les rues d’Almaty, l’ancienne capitale Kazakhe dont le nom signifie « Riche en Pomme ». Cette ville, dont l’histoire remonte à l’âge de bronze fut un centre commercial de la route de la soie ! Initialement connue sous le nom de « Verniy », elle fut rebaptisée « Alma-Ata » (Le Grand père de la Pomme) en 1921 sous le règne soviétique ! Ville assez verte, il y a de nombreux arbres et parcs, ce qui permet de se mettre un peu à l’ombre lorsqu’il fait 40°C en milieu d’après midi !

Je suis aux portes du Tian Shan, littéralement “Montagnes Célestes”, c’ est un important système montagneux qui traverse l’Asie centrale, passant entre le Kazakhstan, le Kirghizstan et qui se termine dans le désert du Takla Makan, en Chine. Long de 2500 km et large de 350/400 km le plus haut pic (Pobedy) culmine à 7439m. Au pied de ce massif de montagnes se trouvent de nombreuses villes étapes et Oasis de la route de la soie dont Almaty fait partie.

Le jardin d’Eden retrouvé !

Cette ville fut baptisée « Alma-Ata » en raison de la profusion de pommiers dans cette région du Kazakhstan. Un biologiste russe émet en 1921 l’hypothèse que l’origine de ce fruit soit Kazakhe ! Ce qui est aujourd’hui prouvé par la science ! Navré d’apprendre cela aux éventuels Normands qui passeraient par là…

Il existe donc une incroyable quantité de variété issue d’une multitude de croisement génétique au fils des siècles ! Ce patrimoine reste en danger malgré les efforts de scientifiques et d’associations pour le protéger ! Triste, sachant qu’en plus la grande majorité des pommes vendues à Almaty sont importées de Chine et sont à peine mangeables, farineuses, sans goût…

En savoir plus?

Une ville déconnectée de la réalité

Almaty est une ville tout ce qu’il y a de plus moderne vous y trouverez tout ce que vous voulez même si vous êtes habitué au luxe des villes européennes. Marquée par son passé soviétique, on ne peut pas dire que l’architecture grise et carrée des principaux bâtiments et des nombreuses fontaines soit des plus belles, mais malgré tout on s’y sent agréablement bien et ça donne le côté « typique » à cette ville.

Almaty c’est la ville où les voitures s’arrêtent lorsqu’un piéton traverse sur le passage qui lui est réservé (c’est assez surprenant après 2 mois de voyage !), c’est aussi un lieu où, dans les transports, les jeunes laissent SYSTEMATIQUEMENT leur place aux personnes plus âgées! Pour finir, c’est une ville très vivante et bien qu’un peu chère il est tout de même possible de sortir manger sans se ruiner (mais en dépassant parfois un petit peu son budget…).

Bref, l’arrivée en Asie centrale se fait en douceur, pas de franche rupture avec nos habitudes occidentales pour l’instant (si ce n’est l’agréable politesse dans les transports ! Ami « transilien » si tu me lis, c’est aussi un peu grâce à toi que j’ai tout quitté… sans rancune ! ). Même si bien sûr les paroles, les écrits et les bâtiments me font me sentir ailleurs ! Cette ville occidentalisée semble toutefois déconnectée de la réalité du reste du Kazakhstan que j’ai aperçu à travers les vitres du train…

Fort heureusement en voyage, lorsque vous n’êtes pas trop dépaysé, ça ne dure généralement pas… Revenons sur le voyage en train. Durant celui-ci, j’ai fais la connaissance de Kayrat, un Kazakh qui travaille comme responsable commercial pour une société de parfum en développement ! Très sympathique, il nous a proposé, à Philippe, Yogo et moi de nous héberger durant notre séjour à Almaty !

Kayrat vit chez un de ses amis, à 30 km du centre d’Almaty, au bout d’un petit chemin, aux pieds des premières collines qui débouchent sur les montagnes du Tian Shan. Dans la maison où nous sommes hébergés, il n’y a pas d’eau courante (sauf un robinet au fond du jardin !) et l’électricité est souvent coupée pour cause de travaux ! MAIS, dans le jardin de cette maison aux allures rudimentaires, il y a un sauna privatif en parfait état de marche, il suffit d’allumer un feu de bois pour le mettre en route ! Bien que je ne sois pas fan de ce genre d’attractions, il sera plaisant de s’en servir une fois ou deux, simplement pour le coté atypique de l’activité !

Je passe plus de temps que prévu à Almaty, la ville est très sympathique et j’y ferais la connaissance de plusieurs personnes. J’aurais l’occasion d’être hébergé par d’autres hôtes dont Steven et Saule, un couple qui à décidé de vivre autant que possible en autosuffisance et que j’aiderais dans l’entretien de leur jardin et dans la conception de leur douche avec retraitement phytosanitaire de l’eau, Gulnara et ses colocataires et pour finir Andrey & Lena !

Après quelques jours supplémentaires en ville, je décide de partir en trek dans ces majestueuses montagnes qui composent l’arrière paysage de la ville. Un ami d’Andrey, Génia, souhaite m’accompagner jusqu’au Big Almaty lake !

Le lendemain, dans la matinée, nous quittons la ville en bus pour démarrer le trek ! Nous descendons du bus à une dizaine de kilomètre du Big Almaty et commençons à marcher ! Les premiers kilomètres dans la vallée ne sont pas très intéressants, nous suivons une route où le paysage montagneux est sympa, mais sans plus et les abords de la route sont jonchés de détritus laissés par les familles qui viennent par centaines pique-niquer dans le coin ! Nous essayons de faire du stop pour rejoindre au plus vite les endroits les plus sympathiques à voir ! Après deux heures et trente minutes de marche une voiture s’arrête et la conductrice accepte de nous conduire plus haut sans contrepartie financière !

Le lac se trouve dans les montagnes du Tian Shan qui séparent le Kazakhstan sur Kirghizstan, du coup de nombreux militaires y contrôlent les allées et venues des gens autour du lac et il est normalement interdit d’y dormir. La conductrice nous conduit finalement plus haut que le lac, directement au poste de garde des militaires et nous y présente pour que nous ne soyons pas ennuyés. Elle nous obtient même le droit de dormir sur place, alors que c’est interdit en temps normal, et heureusement puisque nous avions prévu de dormir dans les environs ce soir !

Nous sommes donc arrivé très… non… trop facilement au lac, et comme toujours lorsque l’on ne fourni aucun effort pour obtenir quelque chose, on le trouve plutôt moyen… A moitié vide, les abords sont bétonnés du côté route, ce lac sert maintenant de réservoir d’eau potable pour la ville et des gardes sont là pour vous empêcher d’approcher l’eau… Il n’en reste pas moins très beau. Je suis juste un peu déçu.

Pour profiter de la journée et du paysage, nous décidons de grimper sur l’une des collines toutes proches. Nous prenons un rapide repas et discutons pour choisir où grimper, j’aperçois de la neige au sommet de l’une d’entre elles ! Génia décide de s’aventurer sur une autre. Nous nous séparons ! Mauvaise idée vous dites ?

J’ai abordé l’escalade de cette colline du mauvais côté, la pente est abrupte et jonché de pierres, le sol n’est pas stable du tout, une grosse pierre se dérobe même sous mes pieds, je me rattrape de justesse dans un buisson ! Mais une fois commencé, impossible de faire demi-tour, plus qu’à grimper, alors que je prends déjà beaucoup de précautions pour ne pas tomber, entrainé par mon sac à dos, j’aperçois des tiques dans l’herbe ! J’ai été mis en garde par Génia contre ces insectes porteur d’une maladie : « L’encephalite à tique » contre laquelle je ne suis pas vacciné ! Je rentre mon pantalon dans mes chaussettes et continue l’ascension ! Avec 20 kg sur le dos celle-ci prend du temps, beaucoup plus que prévu et alors que je suis arrivé à la moitié, il se met à pleuvoir… la pluie se transforme en neige fondue, puis en neige bien ferme lorsque j’arrive au sommet !

Je passe une vingtaine de minutes au sommet, et le temps change… en pire ! Démarre une sorte de blizzard, je ne vois presque plus rien, résultat je décide d’amorcer la descente de l’autre coté de la colline pour rejoindre une route par une piste plus douce que celle empruntée pour la montée ! Lorsque j’arrive en bas, je rejoins le lieu où j’ai quitté Génia, mais il est introuvable ! Il tombe des trombes d’eau, je pense alors qu’il a rejoint le lieu de camping que les militaires nous ont indiqué, en contrebas, plus proche de lac. Je m’y rends en vain, il reste introuvable ! Je me doute alors qu’il a du essayer de me retrouver alors que j’étais moi-même perdu dans le brouillard, et qu’il y est probablement maintenant !

Après 45 minutes de recherche mutuelle sous une pluie d’une rare intensité, je le retrouve alors qu’il redescend de la colline ! Il est maintenant 18h00 environ, nous somme ARCHI-trempés, fatigués et le temps ne semble pas aller en s’améliorant, nous décidons de rentrer en ville lorsqu’Andrey appelle Génia pour lui demander si l’on souhaite qu’il vienne nous chercher parce que la météo n’annonce pas d’amélioration avant le surlendemain… Un grand merci à lui pour cette info et pour son aide !

Je rentre à Almaty, tant pis pour cette fois, grosse déception, mais on retentera ! En attendant je décide de quitter le Kazakhstan un peu en avance pour aller retrouver le soleil au Kirghizstan, sur les rives du Lac Issyk Kul…

En train à travers les steppes Kazakhes

Je foule maintenant le sol Kazakh, premier pays d’Asie centrale que je vais traverser.

Cette région du monde n’est pas tellement connue en France car coincée entre un Moyen Orient dont les médias raffolent et une Chine qui tient à prouver sa puissance au monde. L’Asie centrale est mal connue excepté grâce (à cause ?) du film « Borat ».

La réalité est bien sûr totalement différente de ce qui en est présenté dans le film. Le Kazakhstan est un Pays composé principalement de steppes, qui fut peuplé autrefois de cavaliers nomades turcophones qui évoluèrent en clans sur de très vastes territoires. Les coutumes et traditions de cette époque et de celle de l’invasion par l’armée Mongole, dirigée par Gengis Khan sont encore très présentes au Kazakhstan et se retrouvent dans une grande partie des campagnes de l’Asie Centrale. Au musée d’Almaty, il est possible de voir costumes traditionnels de cavaliers, des yourtes,…

Dans ce vaste pays, pas question de perdre du temps dans les steppes, à essayer de faire du stop ! Cela reviendrait à se dessécher au soleil et je finirais par gaspiller le précieux temps qui m’est accordé par le visa ! C’est en train couchette que nous traverserons les steppes, en direction d’Almaty l’ancienne capitale du Pays.

Astana, la nouvelle capitale à été inaugurée en 1998 par l’actuel président Kazakh, au pouvoir depuis 1990. Almaty reste la plus grand et la plus peuplée des villes kazakhes même si tout est entrepris pour faire d’Astana, LA ville la plus moderne et la plus « belle » du Kazakhstan. La ville est actuellement en grand chantier, de nombreux édifices et quartier devraient voir le jour d’ici quelques années et le Kazakhstan en fait déjà la promotion touristique.

Nous commençons le stop tout proche du poste frontière, dans le but de rejoindre la gare pour se renseigner sur les trains, je lève le pouce et le premier véhicule s’arrête instantanément ! Il nous dépose à la gare directement et lorsque nous descendons du véhicule, il nous annonce qu’il est taxi et nous demande 20$ pour la course. Evidemment nous refusons, rien n’indique sur son véhicule qu’il est taxi, c’est peut de temps après que comprenons que c’est la norme au Kazakhstan, tout le monde est taxi en gros… Pour la confusion et la course, je lui cède deux Manat qui me restent d’Azerbaïdjan ! Le chauffeur est dégouté, lui qui pensait faire l’affaire de la journée !

Deux bonnes nouvelles arrivent ensuite, premièrement le prix du train est tout à fait abordable, la seconde, il reste de la place ! Il arrive que les trains soient complets pour plusieurs jours et qu’il faille attendre ! Notre train part dans l’après midi, juste le temps pour nous de trouver un lieu pour manger, ce sera finalement dans une petite cantine, comme il en existe de nombreuses au Kazakhstan, les plats sont variés et la qualité n’est pas trop mal pour le prix. La seule condition pour manger, c’est de réussir à commander quelque chose…

Notre train entre en gare à 15h, à l’intérieur je découvre l’ambiance de ces trains mythiques à l’instar du transsibérien. Après une semaine passé dans l’apparente modernité offerte par la capitale Azérie, je me sens dépaysé dans cette rame, par les échos de conversations en Russe, ces visages aux traits définitivement asiatiques, avec ces couchettes en cuire rouge vieilli, le service d’eau chaude qui fonctionne au charbon et le mobilier dont les formes et l’état laisse deviner qu’il a traversé plusieurs décennies.

L’agent de bord, une femme d’une quarantaine d’année très agréable et souriante, repli le marchepied qui donne accès au quai, referme la porte et quelques instants plus tard le paysage se met à défiler. La ville d’abord mais très bientôt, les steppes, magnifiques, arides et interminables, que je contemple en savourant une tasse de thé, la première d’une longue série !

Le soleil se couche, sur ces steppes qui ne nous quittent plus depuis plusieurs heures, qui se répètent à l’infini, avec de temps en temps quelque rocheuses ou étendues d’eau, pour le plus grand bonheur de nos yeux qui se reposent fixant l’horizon, laissant la pensée contempler et voyager loin de ces choses, trop près du corps et des passions qui peuvent parfois vous compliquer la vie pour rien. « Regarde au loin » disait Alain… Je me sens presque anormalement calme et détendu.

Le paysage et le mobilier ne sont pas les seuls intérêts de ce voyage, la promiscuité induite par ce voyage en train est propice à la rencontre, à l’échange avec de nombreuses personnes, principalement des locaux, ou des Russes en vacances. Comme d’habitude les curieux passent et repassent devant nous, essayant de capter un regard, d’accrocher une parole, un « éleu maille nam ise… » avant de finalement se lancer et nous poser des questions totalement incompréhensibles pour nous qui ne parlons ni Russe, ni Kazakh, ni Allemand,… « Paruski Niet ! ». Heureusement la barrière de la langue n’est jamais insurmontable, et nous sympathisons avec nos voisins de couchettes ! Ils ont beaucoup de questions et rivalisent d’ingéniosité pour nous les faires comprendre avec les mains ! Beaucoup s’interrogent sur mon prénom qui est d’après eux « un prénom Kazakh » puis me demande si je suis marié, si j’ai une voiture, si j’aime la vodka, de quelle région de France est-ce que je viens… Après les questions viennent les « Nicolas Sarkozy Finish ? », « Brigitte Bardot / Joe Dassin / … very good ! » et d’autres remarques sur la culture musicale ou cinématographique Française ! Lorsqu’ils me demandent quel personnage célèbre je connais de leur pays, je suis incapable d’en citer plus d’un, le président actuel du Kazakhstan : Noursoultan Nazarbayev (J’ai appris son nom lorsque j’étais à l’ambassade pour faire mon visa Kazakh…), le second qui me vient à l’esprit, c’est Borat… la honte ! Le pire c’est qu’ici ils connaissent ce personnage « Borat » et nombreux sont déconcertés par l’image que le film du même nom a donné de leur pays et de leur culture, et je les comprends! La réalité est tellement loin de l’image d’un pays post-soviétique totalement arriéré… Malgré tout et contre toute attente après la sortie du Film « Borat », le nombre de visas délivrés a été multiplié par dix, à croire que l’occident à découvert un nouveau pays qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam avant cela !

Alors que le film a été interdit au Kazakhstan lors de sa sortie en 2006, le gouvernement reconnait aujourd’hui l’intérêt de ce personnage qui a suscité la curiosité au sujet de leur pays.

Lorsque le train s’arrête pour la première fois nous ne comprenons pas trop le message de l’agent de bord quant à la durée, mais nous comprenons que c’est une pause ! Sur le quai il est possible d’acheter de la nourriture pour le voyage, du thé, du café, des boissons fraiches et mets locaux tels que des « Camca » (Prononcer « Samsa »), de la salade, des beignets à la viande,… Le tout est vendu par des femmes qui tiennent de petits stands au plus près du train ! Lorsque l’on remonte, on peut les voir ranger les produits, probablement pour se déplacer sur un autre quai dans l’attente du prochain train !

A bord, un jeune Garçon russe arrive bientôt avec un jeu de carte, et nous demande dans un anglais plutôt bon « Do you want to play Durak with me ? ». Le Durak est un jeu de carte stratégique très intéressant! Lorsque Kévin m’a appris à y jouer à Antalya en Turquie, j’avais beaucoup apprécié tout en étant loin d’imaginé que c’est probablement le jeu de carte le plus joué en Asie Centrale !

De nombreuses parties de cartes, un bol de nouille chinoise, un nombre incalculable de tasses de thé, et c’est bientôt l’heure d’aller se coucher. Malgré que nous ayons pris la dernière classe, les couchettes sont très confortables bien qu’un peu courtes pour moi… La fenêtre entrouverte, le vent arrive directement sur moi lorsque je me couche ce qui est très agréable vu la chaleur écrasante qu’il fait à l’intérieur du wagon qui a roulé sous le soleil toute la journée !

La deuxième journée passe dans les mêmes conditions, Durak, lecture, grosse chaleur, tasses de thé et noodles ! Nous arrivons à Aqtobe en fin d’après midi, nous devons y effectuer un changement, et nous sommes un peu inquiets car dans le train entre Aqtobe et Almaty, nous avons entendu dire qu’il y a trois couchettes superposées et non deux comme dans le premier. En gros, l’emplacement pour les bagages servirait à faire dormir une personne de plus qui aurait demandé la classe éco! Nous appréhendons donc un peu les deux jours qui nous séparent encore d’Almaty, mais surtout les deux nuits !

Lorsque le train arrive, la réalité est un peu différente de ce que nous avions compris, il y a bien trois couchettes superposée, nous sommes bien sur celle qui se trouve la plus en hauteur, mais le train est bien plus récent, et organisé totalement différemment, finalement il est même plus confortable que le premier et même climatisé ! Je fais connaissance avec les personnes qui partagent la même cabine que moi, et nous sympathisons rapidement ! Parmi ces gens il y a Kayrat, un Kazakh qui vie à Aqtobe mais qui se rend à Almaty pour le lancement d’une gamme de parfum dont il est le responsable commercial.

Kayrat parle un tout petit peu anglais, et est content de pouvoir s’entrainer un peu, et nous faison la connaissance de Baour, un jeune Kazakh très sympas qui parles lui aussi anglais, et qui servira de traducteur pendant ce voyage!

Le voyage semblera passer un peu plus vite que le précédent, les steppes continuent de défiler au rythme des tasses de thés, prise en cabine ou au wagon restaurant !

Durant ce trajet j’apprendrais à lire l’alphabet cyrillique (Je ne comprends pas le sens de ce que je lis, mais c’est utile pour se repérer dans les villes !) et je gouterais du « Kourt », une boule de fromage blanc séchée au soleil ! C’est un peu fort, mais mangeable !

Le train entre en gare d’Almaty après 70 heures de voyage, à l’horizon, fini les steppes, J’aperçois maintenant des montagnes, les premières montagnes du Tian Shan ! Le train s’immobilise, me voila au cœur de l’Asie centrale.

Azerbaïdjan: Eurovision, Visa et Ferry!

Nous venons de passer la frontière Azerbaïdjanaise, une dizaine d’hommes veulent nous échanger nos derniers « Lari » contre des « Manat » (monnaie Géorgienne et Azérie) mais trop incertains sur le taux pratiqué, nous refusons ! Nous sommes arrivés à la frontière plus vite que prévu suite à un changement de direction ! Nous voulions entrer en Azerbaïdjan par l’entrée « principale » à l’Est de la Géorgie, mais alors que nous étions perdus aux abords de Tbilissi, un automobiliste nous a fait bifurquer de notre chemin, vers le sud, par « Roustavi » ! En règle générale, au poste frontière, nous avions toujours trouvé des informations sur le Pays dans lequel nous entrions, mais en passant par ce petit poste frontalier, nous n’avons pas pu obtenir la moindre info ! Après le poste frontière, rien ! Des murs de démarcations, quelques maisons de paysans, un parking pour camion et une route ! Pas la moindre ville à l’horizon !

Un bus fait la navette entre la frontière et Baku, la capitale. Philippe essaie de nous convaincre de le prendre, mais Nathanaël et moi souhaitons nous essayer au stop dans ce pays et garder l’option bus pour plus tard, si le stop ne fonctionne pas. De toute façon nous n’avons pas de monnaie locale il nous serait donc difficile de payer un ticket ! Alors que nous sommes en train de réfléchir à la meilleure solution, le bus nous passe devant, nous avions compris qu’il partait à 22 heures, finalement il est 20h20 et nous n’avons plus besoin de tergiverser, le bus est parti, plus qu’à essayer le stop !

Nous marchons le long de la route le pouce levé, mais aucun camion ne s’arrête. Quarante minutes plus tard nous sommes toujours sur la route, quelques kilomètres plus loin, le stop ne fonctionne pas du tout ce soir, et nos estomacs crient famine ! Heureusement nous apercevons un restaurant de routiers à une centaine de mètre devant nous, enfin une bonne nouvelle, nous allons pouvoir manger, enfin si le restau accepte de prendre nos « Laris » … Le patron du restaurant, Hocine, accepte et nous arrivons en plus à négocier les prix pour une soupe et un peu de viande, puis allons nous asseoir en terrasse privative derrière le restaurant d’où nous admirerons les couleurs pastelles du ciel alors que le soleil se couche par delà la Géorgie ! Après le repas, comme la terrasse se trouve sous une tonnelle en bois, nous demandons s’il est possible de dormir sur place en déplaçant la table, Hocine refuse… pour nous conduire dans le restaurant et nous ouvrir une salle privative pour que nous puissions y dormir, et ce n’est pas fini ! Après ça il nous invitera à sa table pour prendre un second repas, offert, avec kebab, salade de légume, jus de fruits, viande hachée, fruits… un vrai festin ! Nous allons ensuite nous coucher, repus ! Le lendemain matin, nous quittons le restaurant après n’avoir bu qu’un thé, nous ne prendrons rien de plus car nous savons que ce sera offert et nous ne voulons pas abuser de l’hospitalité d’Hocine !

Nous reprenons l’autostop, à peine 15 minutes plus tard un premier conducteur s’arrête et nous propose de nous conduire à « Gence » (prononcer « Jenja ») environs 150 km plus loin ! Durant le trajet, le conducteur nous questionne sur la raison de notre présence en Azerbaïdjan et s’intéresse beaucoup à nos divers projets malgré un anglais approximatif ! Il nous invitera à manger dans un très bon restaurant de Gence ! La suite du trajet en stop se fera aussi facilement que la première partie ! Après un record de vitesse en Lada (160km/h sans ceinture bien sûr…) durant lequel on ne faisait pas les fiers et un trajet avec un militaire très sympa à la conduite irréprochable nous finirons notre route avec deux étudiants en chimie qui nous conduiront durant 4h30 sur les 400 km qui nous séparent encore de Baku, à 5 dans une Lada, sous un soleil de plomb ! Ce n’est pas le trajet le plus confortable que j’ai connu… !

Arrivé à Baku nous nous rendons au point de rendez vous fixé pour rencontrer Fred, un Français expatrié qui nous a proposé de nous héberger ! La ville est en fête, partout sont affichés les symboles de l’évènement du moment : l’Eurovision 2012 ! Nous étions nullement au courant de la tenue de cette compétition à Baku, mais chaque personne avec qui nous aurons l’occasion de discuter dans la rue nous pose la question : « Vous êtes la pour l’Eurovision ? » – « Pas vraiment… » Mais malgré tout nous avons entendu parler d’une soirée organisée par l’ambassade de France pour accueillir Anggun, celle qui représentera l’hexagone pour cet évènement. Nous ne sommes pas invités, mais l’hôtesse nous laissera entrer lorsque nous lui expliquons que nous avons volontairement organisé nos voyages pour passer à Baku pour l’Eurovision… Nous voila en tenues de « Routard » au milieu d’une soirée huppée ! Jus de fruits, vin blanc, petits fours, et photos avec Anggun pour faire comme tout le monde ! Les soirées des ambassades sont plutôt sympas !

Entre recherche d’infos sur le Ferry, l’obtention du visa pour le Kirghizstan, et la recherche vaine de l’ambassade Ouzbèk, le temps à Baku passe très vite ! Après le visionnage d’un reportage sur le Kirghizstan, j’ai décidé d’ajouter ce pays à mon parcours ! Ma visite en Ouzbékistan dépendra elle, à l’inverse de l’obtention où non du visa à Almaty ! Je ferais tout de même un petit tour dans la vieille ville où je verrais “Giz Galasi”, la Tour Maiden, vestige des remparts de la ville datant du 12ème siècle. Et j’aurais aussi l’occasion de me baigner dans la Mer Caspienne grâce à Fred qui nous conduira sur une plage à peu près propre…

Durant toute la durée du séjour à Baku, nous irons chaque jour au port, à une heure de marche pour avoir des informations sur la date et l’heure de départ du ferry ! Nous essayons aussi de négocier le prix, mais c’est impossible, la dame qui s’occupe de la vente de billet et n’est pas plus aimable qu’une porte de prison et ne parle pas un mot d’anglais. Heureusement, pour l’Eurovision, une petite annexe de l’office du tourisme a été installée au port au cas où des personnes arriveraient depuis le Kazakhstan en bateau pour ce bel évènement ! Du coup les hôtesses de ce petit bureau parlent anglais et nous offriront une aide appréciable dans la quête de ce billet de bateau !

Passer au Kazakhstan en Ferry peut rapidement devenir une vraie galère ! Nous avons été plutôt chanceux en comparaison à d’autres voyageurs dont j’ai pu lire les récits sur le web et ce, bien que nous ayons du nous précipiter au port à l’annonce d’un départ inattendu du Ferry, après deux annulations consécutives !

Il est 14h et nous attendons maintenant le droit de passer la frontière pour embarquer à bord du MERKURY-I, qui remplace son petit frère, le MERKURY-II qui a sombré en 2002… Durant l’attente, je fais connaissance avec Jacques, un Français qui à quitté la France il y a 18 ans pour faire un tour d’Europe en courant et qui n’est toujours pas rentré, Jacob, un Israélien qui voyage en moto et je retrouve Mickaël, un allemand rencontré quelques jours plus tôt dans Baku. Ces derniers voyagent en vélo !

Bref, nous pensions passer une dernière soirée à Baku et regarder l’Eurovision avec Fred ! Finalement à 16h nous sommes à bord du ferry, après un passage de frontière un brin laborieux, parce que les douaniers auraient aimé que je leur montre les photos de Baku et de l’Eurovision que j’ai pris… Comme je refuse, tout prend plus de temps ! Je passe 30 minutes debout devant la vitre qui me sépare des douaniers, puis ils me posent tout un tas de questions, au sujet de mon appareil photo, je fais mine de ne rien comprendre. A force de faire l’idiot qui ne comprend rien, ils finissent par se lasser et me laissent finalement passer !

Traverser la mer caspienne ! Depuis le temps que j’attends ça ! Je monte donc à bord du MERKURY-1 et quelques dizaines de minutes plus tard le bateau quitte le port ! Il est ponctuel par rapport au dernier horaire annoncé, la raison est simple, il y a dans la soute un train chargé de pétrole…

A bord du bateau les passagers sont peu nombreux, une vingtaine tout au plus. Je passe un long moment à contempler l’horizon alors que nous nous éloignons de Baku ! La mer Caspienne est la plus grande masse d’eau enclavée du monde, elle est environ trois fois moins salée que le reste des mers et océans du globe sauf dans la baie de Kara-Bogaz (Turkménistan) où la salinité est, à l’inverse, beaucoup plus élevée. Au large nous croisons de vieilles plateformes pétrolières abandonnées et d’autres structures métallique donnant à cette mer des allures post-moderne.

La nuit arrive, quelques nuages me cachent la fin du couché de soleil, tombant sur l’Azerbaïdjan cette fois. Après un repas très moyen à la cafeteria du bateau et un dernier tour sur le pont de nuit, je regagne ma cabine !

À mon réveil la terre est en vue ! Mais à une dizaine de kilomètres du port, le bateau jette l’ancre et nous passerons le reste de la journée à bord sans informations quand au débarquement ! Il peut être à midi, six heures, ou le lendemain! Lorsque la nuit tombe nous sommes toujours à bord et espérons passer une deuxième nuit à bord mais c’est à ce moment là que les moteurs redémarrent ! Débarquer au beau milieu de la nuit, quel bonheur ! C’est à 1h00 du matin que je pose le pied sur le sol Kazakh, enfin, je n’ai pas encore passé la frontière ! Une heure plus tard je suis véritablement au Kazakhstan ! Il est 2h00 du mat, nous sommes en plein milieu d’une zone industrielle consacrée aux énergies fossiles, l’odeur de pétrole est répugnante !

Nous cherchons ensuite un endroit où dormir le long de la route, en vain ! Les chiens errants nous pousserons à faire demi-tour. Finalement nous établissons le bivouac juste devant le poste frontière !

Il est 3h00 environs lorsque je me couche, et le soleil ne me laissera pas faire la grasse matinée le lendemain ses rayons me réveillent aux aurores! Je plie bagage avec Philippe et Nathanael, c’est parti pour l’Asie centrale !

Passage éclair en საქართველო!

საქართველო = Géorgie

En ce début de voyage, beaucoup ont remarqués que notre progression est plutôt rapide! Effectivement, en 40 jours nous étions déjà à Baku en Azerbaïdjan! Si cela semble rapide, il faut savoir que cela correspond juste à notre souhait d’avancer rapidement vers les pays les plus lointain, où il sera peut être difficile ou impossible de retourner à l’avenir lors de “simples” vacances. D’autant que je vais ajouter le Kirghizstan à la liste des pays d’Asie centrale que je vais traverser, entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan.

Depuis Antalya en Turquie nous n’avons voyagé qu’en stop. Après un premier essai en demi-teinte en Bulgarie le stop s’est avéré plus qu’efficace et très facile en Turquie, en Géorgie et en Azerbaïdjan! C’est avec 43 conducteurs différents que j’ai effectué ce long parcours, parfois seul sinon en compagnie de Philippe et/ou de Yogo.

Je suis incapable de compter le nombre d’attentions que les gens ont eu à mon/notre égard. Entre les conducteurs qui vous offrent un çay, ceux qui vous achètent une boisson fraiche pour s’excuser de ne pas avoir la climatisation, ceux qui vous invitent au restaurant, qui vous organise un barbecue ou qui vous font même des petits cadeaux…

Grâce à eux, nous sommes arrivés en Géorgie à Batumi le 10 Mai 2012 vers 20h00! Comme nous n’avions pas prévu d’y être si vite, nous n’avions nulle par où dormir! Notre conducteur expliquera la situation à un chauffeur de taxi avant de nous quitter pour nous simplifier la vie! Quelques kilomètres après la frontière et tout est différents, on se sent complètement dépaysé de la Turquie à laquelle nous nous étions bien habitué!

En Géorgie l’alphabet utilisé n’est pas l’alphabet latin mais l’alphabet Géorgien, créé par Pharnavaz Ier, premier roi de la Géorgie! La sonorité de la langue est totalement différente du turc, les constructions environnantes influencées par la culture Orthodoxe sont éloignés des styles que nous avons l’habitude de voir, Bref! Un autre pays s’offre à nous!

Le chauffeur de taxi nous conduit pour 10 Lari (Monnaie locale) chez un couple de personnes âgées qui ont aménagées un dortoir dans une pièce de leur maison. Nous y déposons nos affaires puis repartons dans le centre ville! En cherchant un lieu où nous pourrions trouver du wifi. Nous faisons la connaissance de Benyamin, un géorgien très sympathique, patron d’une imprimerie qui nous demande de retourner chercher nos affaires pour les amener chez lui, il nous propose de nous héberger tout le temps de notre présence à Batumi.

Un de ses amis nous emmène chercher nos affaires, c’est ainsi que je suis pour la première fois (mais pas la dernière) monté dans… une Lada!

En arrivant chez Benyamin, une dizaine d’hommes sont assis autour de la table! Benyamin est un sacré personnage qui a de (très) nombreux amis! Ce sera soirée Barbecue, j’aurais l’occasion de gouter (…) du vin Géorgien! Leur culture de dégustation du vin est un peu différente de la notre… disons qu’elle n’est pas aussi “subtile”! L’amitié Franco-Géorgienne a de belle année devant elle vu le nombre de toast qu’ils lui porteront cette soirée là…

Le lendemain, direction le consulat d’Azerbaïdjan pour faire nos demandes de visa. Nous avons entendu beaucoup de choses au sujet de l’obtention de ce visa. Parfois très difficile à obtenir, parfois très simple, nous ne savons donc pas trop à quoi nous attendre! En arrivant à 11h00 nous pensons être très en retard mais nous croisons l’agent chargé des visas qui prend son café à la petite boutique du coin. Il nous aborde très sympathiquement dans un parfait anglais et nous demande de patienter. Il semble que le consulat ouvre à 11h00… Nous sommes reçu au bout d’une quarantaine de minutes, plusieurs personnes nous sont passées devant, en discutant avec les policiers qui gèrent les entrées/sorties. Ce petit jeu est très agaçant, à tous les postes frontaliers, et aux diverses ambassades, il y a toujours tout un tas de personnes qui pleurent sur leur sort, qui amènent un enfant en bas âge, qui font mines d’être des hommes d’affaires pressés pour vous passer devant! Mais rester courtois et souriant est impératif pour obtenir son visa sans problème, alors je bouillonne en silence…

Une fois entrée dans le consulat, tout a été très vite, première bonne nouvelle, nous n’avons pas besoin de lettre d’invitation, deuxième bonne nouvelle, nous aurons nos visa le lundi matin! 🙂 La troisième bonne nouvelle arrivera le lundi matin, lorsque l’agent oubliera de faire payer l’un d’entre nous! Nous aurons nos trois visa pour 150€ au lieu de 225€ soit 50€ chacun contre 75€ demandés!

Durant le week end, j’aurais l’occasion de visiter Batumi et de faire, enfin, un saut dans la Mer Noire!

Benjamin nous emmènera déguster une délicieuse Khatchapouri pour le petit dèj dans un bon restaurant de Batumi si cette spécialité est plutôt “bonne” les 300 grammes de beurre qui entrent dans la composition d’une portion INDIVIDUELLE sont peut être un peu lourd à digérer…

Nous gouterons aussi de très bon “Khinkali” dans le restaurant d’un ami de Benjamin! Nous ferons la connaissance d’autres amis de Benyamin chaque soir, tous plus sympathique les uns que les autres!

Le lundi suivant, nous récupérons nos visas et nous pensions reprendre le stop juste après! Ce ne sera finalement pas le cas! Nous démarrerons le stop vers 16h20 alors que nous avons plus de 400 km à parcourir pour atteindre Tbilissi! A ce moment là, nous n’avons pas encore expérimenté le stop en Géorgie et ne savons pas vraiment ce que ça va donner!

Nous atteindrons finalement Tbilissi en Stop dans la soirée, c’est un Taxi qui nous conduira jusqu’à destination! Le client à loué un taxi spacieux et nous en fait profiter! Nous ferons la connaissance de “Adam-Elias” un autre auto-stoppeur qui souhaite se rendre à Tbilissi! En chemin, le chauffeur s’arrêtera pour nous acheter des “Nazouki” la spécialité de la ville de Souramie! Une sorte de pain brioché à la cannelle, un régal!

A Tbilissi, nous sommes hébergés par Kenny, un américain passionné de triathlon que l’on ne verra pratiquement pas tant il passe d’heures à s’entrainer! Nous aurons donc du temps pour visiter la ville! Tbilissi est située sur un point stratégique entre l’Orient et l’Occident, sur le chemin de la route de la soie! Visiter la ville est à peu près agréable, si ce n’est la pollution et les larges routes qui cisaillent la ville et qui sont extrêmement dangereuses à traverser… Nous faisons le tour de quelques monuments à voir avant de rentrer!

Le lendemain, nous quittons l’appartement de Kenny vers 12h, allons au Mac Donald pour profiter du wifi et planifier la suite des évènements! A 16h20, nous commençons le stop vers l’Azerbaïdjan,même si une fois de plus nous ne sommes pas vraiment en avance, nous seront a la frontière avant la nuit !

Une fois la frontière passée, nous nous retrouvons au milieu de nulle part, la première « ville » est à 15 de km, nous n’avons pas de carte du pays, pas d’argent local, pas de nourriture, la nuit arrive et l’endroit semble infesté de moustiques…

Pressé de voir ce que nous réserve ce pays 🙂

Surprenante Cappadoce

Lors des préparatifs de mon voyage, ce sont les images de cette région qui m’ont convaincues de passer en Turquie. J’étais très pressé d’y arriver, pour voir de mes propres yeux les paysages qui la composent!

En quittant Konya, la ville des Derviches, je savais que la prochaine destination serait la Cappadoce! J’étais donc particulièrement impatient et j’appréhendais les éventuelles galères et attentes intrinsèques aux trajets en Auto-stop! Il n’en sera rien! En trois heures à peine nous serons à Gorëme, tout proche de Nevsehir, au centre de la Cappadoce!

Après un petit tour dans la ville nous cherchons un endroit où dormir. Rapidement nous nous apercevons que les tarifs annoncés dans notre “Lonely planet” sont loin de refléter la réalité. La Cappadoce est en phase de devenir une zone touristique majeur, toutes les “pensions” et les restaurants on revu leurs prix à la hausse. Ceux répertoriés comme “meilleurs rapport qualité/prix” sont ceux qui ont le plus augmenté leurs tarifs… Nous choisirons finalement de dormir dans un camping où nous négocierons les tarifs au plus juste: 4€ (8,5 TL) par nuit et par personne.

Le lendemain, nous quittons le camping avec nos sacs à dos. Nous souhaitons visiter la Cappadoce et bivouaquer une nuit ou dormir dans une des habitations Troglodytiques que l’on compte par centaines dans cette région. Les premières auraient été creusées 4000 ans AV- JC par les Hittites, premiers habitants d’anatolies, pour se protéger des invasions Perses et Arabes. Des cités souterraines ont été construites. Elles pouvaient accueillir plusieurs dizaines de milliers de personnes, sur plusieurs niveaux. Certaines pouvaient comporter une vingtaines de niveaux creusés dans le sol! Aujourd’hui certaines cités enfouies sont accessibles au public mais les niveaux les plus profonds restent inaccessibles car rempli de sédiments. Ces sédiments, en si grande quantité, semblent provenir du dégel du Würm et qui supposerait que certaines galeries aient été creusées avant cette ère, soit 100 000 Av JC!

Nous marchons donc plusieurs heures sous le soleil à travers les vallées de “Tuf”, cette roche formée de particules volcaniques qui compose le paysage inattendu de ce lieu. Nous errons plusieurs heures dans les gorges menant à la Rose Valley,

puis traversons la Red Valley en direction de “Çavusin”,

nous continuons sur la Monk’s Valley,pour enfin atteindre Zelve où nous souhaitons dormir. En arrivant, nous sommes très enthousiastes, un très grand nombre de “grottes” sont accessibles, mais rapidement nous déchantons. Ces habitats troglodytiques sont trop accessibles, résultat, ils sont souvent squatté et leurs sols sont jonchés de débris de verre… impossible de poser les duvets dessus sans les abimer! Nous décidons de dormir dehors sous nos tentes. Si nous sommes un peu déçus, la beauté du paysage suffit à nous réconforter!

Le lendemain matin, vers 6h00, nous sommes réveillés par d’étranges bruits assourdissant. Je sors de la tente et me retrouve face à des gens qui visitent la Cappadoce en montgolfière. Les pilotes leurs font raser le sol et comme nous avons installé le bivouac sur la partie la plus haute de la zone, les gens sont à notre niveau à quelques mètres de nous seulement. Ils semblent amusés de nous avoir réveillé…

Comme nous sommes réveillé, nous en profitons pour reprendre la marche vers la destination suivante, à 4 km: la “Imagination Valley”. Celle-ci est connue pour ses roches en forme d’animaux! Après une petite heure de marche nous arrivons sur place. Cette vallée porte bien son nom, il faut effectivement beaucoup d’imagination pour voir, entre deux cars de touristes, un rocher en forme de chameau (ou d’escargot pour certain), un lapin ou un élephant!

Après cela nous repartons vers Avanos, un peu fatigué de notre courte nuit, nous ferons du stop! En chemin nous sommes déposés près d’un magasin de poteries en travaux! L’un des hommes présent parle un peu de Français! Il nous fera visiter le magasin, et nous expliquera tout un tas de choses très intéressante au sujet des poteries, de leurs fabrication, mais je n’en retiendrais malheureusement pas grand chose… Avanos ne présentera finalement que très peu d’intérêt nous rentrons donc plus tôt que prévu en stop jusqu’au Camping à Gorëme.

Le lendemain, nous souhaitons visiter Uçhisar, dont le château surplombe toute la pleine de Gorëme. Nous prenons la route et nous y sommes rapidement. Depuis le “château” nous avons un point de vue superbe sur les pleines environnantes. Hormis ce point de vue, ce lieu ne présente absolument aucun intérêt et le tarif d’accès est bien trop élevé à mon goût (2,5€). Heureusement nous avons bénéficié du tarif étudiant qui s’applique même aux étudiants étrangers (Si, si, je suis toujours étudiant 😀 ).

Nous prenons ensuite la direction de Kaymakly, pour y visiter une ville souterraine dont l’accès serait gratuit. En chemin je me rends compte que nous avons oublié de prendre nos lampes frontales, ce qui compromet la possibilité de visiter la ville souterraine… nous arrivons rapidement à Nevsehir, où la pluie redouble d’intensité. Le mauvais temps, l’heure tardive et le manque d’équipement auront raison de notre motivation. Nous rentrons au camping, déçu et contrarié de ne pas avoir pu faire ce que nous voulions. Pour nous changer les idées nous irons manger au restaurant. Nous choisissons le plus vieux restaurant de Gorëme: “Dibek” qui aurait 475 ans…

Nous quitterons ensuite la Cappadoce, direction les rives de la Mer Noire en stop! Nous arrivons en 2 jours à Samsun, après une pause à Sivas! Nous visitons rapidement la ville avant de continuer vers Ordu où nous passerons trois jours. Merci à Ali & Maaike, Turgay, Vincent & Julia et ses colloc’!

En quittant Ordu, nous n’avons pas de plan particulier, nous souhaitons avancer vers la Géorgie et faire une pause à Trabzon si l’occasion de présente. Mais le destin mettra sur notre route Dushdurdu, un très sympathique conducteur Azéri qui nous mènera directement jusqu’en Géorgie, 500 km plus loin!

Konya – Berceau des Derviches

Avec Philippe et Yogo sur les rives de la méditérranée, “Akdeniz” en Turc. Nous nous y baignons une dernière fois avant de rejoindre Aksu , petite ville à quelques km d’Antalya, en bus pour y commencer le stop! Pour Philippe et moi, faire du stop en Turquie, c’est une première! Nous sommes assez sceptiques quant à la probabilité de trouver un véhicule assez spacieux pour nous prendre ensemble avec nos sacs à dos, mais nous décidons de nous y risquer!

Notre bus nous dépose proche d’un carrefour, c’est un endroit plutôt propice pour démarrer l’auto-stop malgré le feu rouge qui ne dure pas très longtemps… Nous réussirons à trouver un véhicule qui nous prendra tous les trois au bout d’une vingtaine de minutes! Le conducteur ne va pas loin, mais c’est un début! Après une dizaine de kilomètres, le conducteur nous dépose et nous décidons de scinder le groupe pour faciliter le stop et ainsi atteindre Konya dans la journée. Philippe part de son côté et je reste avec Yogo.

Une petite demi-heure d’attente et un deuxième chauffeur s’arrête! C’est en semi-remorque, que nous effectuerons les kilomètres suivants. Le chauffeur a travaillé quelques années au Quebec et parle un peu Français! Nous ne resterons que quelques minutes avec lui car nos routes ne concordent pas! Ce sera finalement le 4ème chauffeur qui nous mènera à Konya, 200 kms plus loin! Ekrem et Emrah (Le conducteur et un de ses amis) sont très gentils, ils s’arrêteront même pour nous offrir un “çay” durant le voyage!

Ils nous déposent finalement au centre de Konya, proche de la ligne de tram que nous devons emprunter pour nous rendre chez notre hôte, Behçet, qui habite à 20 kms au nord du centre ville! Konya est la plus grande ville de Turquie en superficie. Nous nous rendons en Tramway dans le quartier “Bosna Hersek” (littéralement Bosnie Herzegovine) puis nous marchons vers le poste de police du quartier, d’où nous devons contacter notre hôte par téléphone. Les indications des passants ne sont pas très claires et souvent contradictoires, nous mettons une petite demi-heure à nous y rendre alors qu’il se ne trouve qu’à 400 m de la station de tram.

Une fois sur place, nous devons contacter par téléphone notre hôte, mais nous n’avons pas de téléphone, il est 21h00 et il n’y a plus grand monde dehors. Nous décidons de demander aux policiers s’il est possible de passer un coup de fil! Amusés par notre présence ils acceptent et nous offre même le “çay” pour patienter, le temps que Behçet nous rejoigne, 25 minutes plus tard. Nous passons la soirée avec lui, et le lendemain nous passons la journée à visiter la ville.

Konya est connu pour avoir été le lieu où Mevlânâ Celaleddin-i Rumi a fondé l’ordre des Melevis, autrement appelés Derviches Tourneurs.

Loin d’être une simple danse, le Samā‘ (la danse des derviches) est une pratique spirituelle soufiste fondée par Mevlana penseur et poète de l’Islam Turc. Cette danse est une manifestation spontanée d’émotion, elle est composée de nombreux symboles religieux (Les danseurs représentent des âmes errantes…). C’est aussi une sorte de transe, pour entrer en communions avec dieu à travers l’ivresse de la danse, de la musique et de la douleur. Il y a une représentation tous les samedis à Konya, malheureusement nous sommes arrivés trop tard et l’avons raté…

Le lendemain, nous visiterons aussi la mosquée d’Ala’ad-Dîn où huit sultants ottomants sont inhumés. Cette mosquée à été construite sur une colline créée par l’Homme sur la pleine de Konya, pour la mettre en valeur.

En sortant du musée “Mevlana” le temps change, il se met à pleuvoir des cordes, n’ayant rien pour nous protéger, en T-shirt dehors, nous regagnons rapidement l’appartement de notre hôte. Nous profitons de la deuxième soirée pour lui faire découvrir la nourriture française, mais notre hôte préfèrera manger son fromage à la fourchette plutôt que nos crêpes pour le dessert… Nous quittons Konya le jour suivant!

Antalya: Escalade, Trek & Chimères

Étendue le long de la méditerranée, bâtie sur un plateau calcaire dont les falaises de 23 mètres plongent vers la baie et le vieux port, bordée de végétation verdoyante (dont beaucoup d’arbres fruitiers) et de montagnes, Antalya ne cache pas son jeu, et la quitter est bien difficile…

Déambuler de nuit dans la vieille ville est très agréable, les monuments semblent plus mystiques, et les commerces touristiques sont fermées il n’est donc pas la peine de dire toutes les cinq minutes “Hayır” (Non en turc, prononcer « Hayeur ») aux vendeurs de T-shirt ‘’Porche’’ ou ‘’Armani’’ typiques et « home made » (in china…). De jour, il est pourtant impératif de se rendre sur les hauteurs de la vieille ville pour admirer la superbe vue sur la baie !

En arrivant à Antalya, après un plongeon dans la méditerranée nous tombons par hasard sur Kévin (rencontré sur C.S) en ville alors que nous essayons de nous rendre chez lui avec des indications approximatives. Il nous a proposé par mail de nous joindre à lui et trois de ses amis pour faire un petit trek de deux jours entre « Olympos » et « Adrasan » deux petites villes proches. Le trek prévu n’est pas des plus difficiles, 14 km en deux jours avec 600m de dénivelé, mais ça nous fera visiter le coin !

Juste le temps de nous présenter le reste de l’équipe : Fabien, Thomas et Ibrahim et nous partons pour Olympos en dolmuş! Il est 18h00 lorsque nous quittons son appartement pour nous rendre sur le lieu du départ du trek, l’horaire peut sembler mal choisi pour commencer une randonnée, mais en réalité le trek ne commence que le lendemain ! Ce soir nous nous rendons à Yanartaş pour y admirer les ‘’chimères’’, des flammes de gaz naturel qui s’échappent du sol ! En arrivant de nuit au pied du « mont chimère » nous apercevons déjà les petites flammes sur la Colline ! Nous passerons la soirée autour de l’une d’elle et nous nous en servirons pour faire cuire nos merguez ! Nous poserons le premier bivouac aux abords de la plage, trois kilomètres plus loin, de nuit. C’est donc en me levant le lendemain matin que je pourrais constater la beauté du paysage environnant, entre mer et montagne.

Nous passons la matinée à la plage et profitons d’un bon repas dans un petit restaurant de Tchilarl avant de démarrer le trek ! Pour le démarrage du trek nous devons traverser une partie des ruines d’Olympos ! L’entrée sur ce site est payante! 5 liras (2€20) c’est très cher et nous n’allons même pas tout visiter, c’est un simple passage vers le chemin G.R. (Grande Randonnée). Alors que nous sommes devant l’entrée du site qui se trouve sur la rive gauche d’une petite rivière qui descend des montagnes pour se jeter dans la mer, je remarque que sur l’autre rive il y a un petit chemin, et que personne ne semble contrôler les entrées/sorties. Je le fais remarquer à Philippe et 5 minutes plus tard nous serons tous au milieu des ruines, gratuitement…

Après une rapide visite des ruines, nous entamons la marche. Quatre heures, quelques égarements et 600 m de dénivelé plus tard nous arrivons sur la zone de bivouac ! Avec la chaleur nous avons beaucoup bu et n’avons presque plus d’eau, sur le plan il est indiqué qu’un point d’eau se trouve à côté de la zone de bivouac, mais celle-ci ne nous inspire pas confiance, nous la désinfecterons donc avec des pastilles d’ion d’argent et je la ferais bouillir pour plus de sécurité…

Notre bivouac surplombe une vallée nous passons un long moment à nous reposer en admirant la vue, mais la petite ville qui se situe en contrebas de la vallée a mis en place un système de culture sous serres. La « Pollution visuelle » prend ici tout son sens… Nous prendrons notre repas autour d’un feu de bois pour cette deuxième soirée. Nous avons embarqué du pain et du fromage Turc, une sorte de féta que nous agrémentons d’olive pour lui donner un peu plus de goût. Nous regagnons ensuite rapidement nos tentes pour y passer notre deuxième nuit !

Le lendemain matin, le temps est gris et il y a beaucoup d’humidité. L’intérieur de ma tente est détrempé et mes affaires sont humides: les joies du camping sauvage ! Nous reprenons la marche et au bout d’une petite demi-heure se soleil fait son apparition, nous allons donc bien pouvoir sécher et nous baigner sur la plage d’Adranos lorsque nous y serons. Pour redescendre à la plage allons assez vite, il nous faudra à peine trois heures. Nous passerons le reste de l’après midi à nous baigner sous un grand soleil. L’endroit est superbe !

Nous rentrerons en soirée en dolmuş (De petits bus Turcs, prononcer ” dolmouch”), et Kévin se propose de nous héberger pour quelques jours, nous passerons deux jours sur Antalya, je visiterais la ville avec Thomas et Fabien et je profiterais de la plage, même si l’eau aux abords de la ville n’est pas aussi translucide que l’eau des plages que nous avons rencontré lors du Trek ! J’irais aussi à plusieurs reprises visiter la vieille ville, même si elle ne présente pas d’intérêt particulier. J’en profiterais pour faire réparer mes lunettes de soleil que j’ai cassé durant le trek en marchant dessus… Je ne paierais rien, le docteur lunettes est très sympas et veut juste me rendre service!

Je repousserais deux fois ma date de départ. La première fois parce que Nathanaël est arrivé à Antalya et que nous souhaitions nous rejoindre, la seconde parce qu’on nous a proposé (Un grand merci à Guillaume, Charlotte et Louise !) de faire de l’escalade en plein air sur les falaises environnantes.

Nous passerons donc une journée à nous essayer à l’escalade sous le soleil intarissable d’Antalya dans un décor superbe, une fois de plus ! Il me faudra trois essais pour parvenir à me hisser en haut de la voie, assuré par Brian, un ami de Louise fort sympathique. En gros, il est temps d’arrêter les Baklavas de la délicieuse pâtisserie trop proche de l’appartement et de reprendre la route ! Le lendemain Guillaume nous déposera au centre ville!Après un dernier bain dans la méditerranée, nous quittons le centre ville en bus et tentons le stop pour la première fois en Turquie.

Prochaine étape : Konya, si des conducteurs s’arrêtent…